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L'envol (nouvelle)

Trente minutes de retard ! Le froid était terrible. Il se demanda comment il avait bien pu faire pour avoir trente minutes de retard. Lui qui mettait un point d’honneur à avoir toujours au moins 15 minutes d’avance. Il détestait arriver en retard. Là, pour le jour le plus important de sa vie en plus, il se débrouillait pour avoir trente minutes de retard.

Il s’en voulait. Comment avait il fait ! Que s’était il passé ? Il n’en savait absolument rien ! En plus, il devait encore tout inspecter avant de partir. Jamais il n’arriverait à l’heure ! Il commençait sérieusement à faire très froid. Il releva un peu son col. Il fit le tour de sa maison. Vérifia que tout était bien rangé et à sa place. Il ne devait subsister aucune trace de son départ. Tout devait être à sa place. Chaque objet ne devait plus bouger le temps de son absence. Personne ne devait pouvoir se douter qu’il n’était pas là. Dans la chambre, le lit était fait. Les deux oreillers en places. Le radio réveil était programmé pour sonner à 7h, comme d’habitude. Il sonnerait aussi fort que les jours où il devait aller travailler. Ses voisins lui avaient déjà dit qu’ils l’entendaient un peu tous les matins. Cela ferait plus crédible ainsi. Ne pas modifier les habitudes des gens. Ils étaient habitués à ce qu’il se lève à 7h. Il ne fallait donc pas que ça change.

Ce serait ainsi plus difficile de dire s’il était là ou pas. Bien. La chambre était parfaite. Il éteignit en sortant de la pièce. Les maisons étaient toutes collées les unes au autres. C’était un quartier tranquille et relativement chic. Tout le monde s’y connaissait et entretenait de bonnes relations. La cuisine. Pas de vaisselle qui traîne. Il ne supportait pas cela. Tout était à sa place. La cafetière était éteinte. Pas de vieux café qui croupit dedans. Après tout, il ne savait pas combien de temps il allait s’absenter. Ils ne le lui avaient pas dit. La cuisine était impeccable. Il éteignit. Dans le salon, tous les appareils étaient éteints. Il vérifia leurs prises programmables. Tout était en ordre. La télé s’allumerait vers 19h, comme tous les soirs. Les lumières, quant à elles seraient un peu plus rapides. Vers 18h. Les volets étaient programmés aussi. Ouverture vers 07h30, et fermeture le soir à18h30. Ne changer aucune de ses habitudes. La télé s’éteindrait vers 23h. Il jeta un dernier coup d’œil autour de lui. Tout était visiblement en place.

Parfait. Il pouvait partir. Comment en était il arrivé là ? Il ne s’en souvenait plus. Maintenant, il fallait vraiment partir. Il avait en plus trente minutes de retard sur son horaire ! Que s’était-il passé ? Il n’arrivait pas à s’en souvenir. Tout était devenu flou. Ce qu’il savait, c’est qu’il devait partir, et qu’il devait tout laisser en ordre. C’est tout ! Mais quand même, trente minutes, ce n’est pas rien ! Il récupéra les clefs de sa voiture qui traînaient sur la console dans l’entrée. Il vérifia l’ouverture de la boite aux lettres. Le courrier ne devait pas laisser voir qu’il s’était absenté. Il fallait que les lettres tombent directement sur le sol. Il reposa ses clefs. Retourna dans son cellier et prit la bombe de graisse marine. On ne sait jamais. Il remit un peu de produit sur les charnières de la boite aux lettres. Refit fonctionner le tout. Oui. C’était beaucoup mieux.

Il sortit de chez lui, ferma la porte, et introduit une lettre dans la fente. Il rentra pour voir où elle était tombée. Presque au milieu du couloir. Parfait. Ainsi, il n’y aurait pas d’embouteillage sur sa boite aux lettres. Il reprit ses clefs. Se retourna histoire de vérifier une dernière fois que tout était en ordre. Bien cela semblait parfait. Personne ne pourrait se douter qu’il n’était pas chez lui. C’était une des conditions du contrat. Ils le lui avaient bien spécifié. Il ne fallait pas changer les habitudes. Il n’y avait que son boulot. Si par hasard il restait plus longtemps que les trois semaines de vacances qu’il avait prises, comment allaient-ils réagir ? Est ce qu’ils essaieraient de le retrouver ? De le faire revenir ? Est ce qu’au moins ils essaieraient de savoir où il était ? Le problème n’était pas là pour l’instant. Il savait qu’ils viendraient vérifier son appartement après l’avoir emmené. Donc il fallait que tout soit parfait. Et cela l’était. Enfin, c’est ce qu’il lui semblait.

A son image après tout. Il n’avait jamais supporté le moindre désordre chez lui. Bon, il fallait vraiment qu’il parte maintenant. Il avait tout de même trente minutes de retard ! ...............

......... Il commençait à douter. Etait-ce une bonne chose après tout d’avoir été choisi ? Et puis, il avait du retard ! Allaient ils l’avoir attendu ? Il remarqua soudain les voitures. Des dizaines et des dizaines de voitures garées sur le bas coté du chemin. Sans doute les autres. Après tout, il savait qu’il n’était pas le seul à avoir été sélectionné pour partir. Il trouva une petite place au milieu de toutes ces voitures. Il remarqua qu’elles étaient toutes plus luxueuses les unes que les autres. La sienne ne dépareillait pas. Il se logea entre deux énormes 4*4. Sortit de sa voiture. Mit son pull et son manteau. Referma son col. Il faisait vraiment très froid dans cette foret....

**********************

Lire la suite ???

Elle est désormais publiée dans mon recueil "trente minutes de retard", disponible aux éditions le Manuscrit.

Contactez moi pour tout renseignement complémentaire.

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V
J'ai mis du temps avant de deviner que c'était des extraterrestres qui embarquaient.
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