Le Parachute<o:p></o:p>
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Trente minutes de retard ! Le froid était terrible. Il releva son col,<o:p></o:p>
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Il avait trente minutes de retard sur la marée. Cela ne se passerait pas comme prévu. Mais tant pis.<o:p></o:p>
Le sentier sinueux était difficile à trouver dans la pénombre. Mais il les avait toutes emmenées ici. Il connaissait la position de chaque pierre, la courbure de chaque virage, la distance qui séparait l’entrée du chemin, de la falaise abrupte qui en matérialisait la fin.<o:p></o:p>
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Il avait mal ce soir là. Il se rendait compte de ce qu’il avait fait, et il avait mal. Autant que lorsqu’elle l’avait laissé tomber. ELLE. La femme de sa vie. La femme de toutes ses vies. De la luxure, du libertinage, du sexe, mais aussi de l’amour. Si intense. ELLE lui avait crevé le cœur. Plus aucun sentiment n’avait pu y trouver sa place depuis. Il était devenu froid. Comme le froid de cette soirée. Sans vie. Dur. Comme chacune des pierres qui jalonnaient ce sentier.<o:p></o:p>
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Il l’avait aimée. Comme un fou.<o:p></o:p>
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Elle l’avait humilié. Elle l’avait trompé. Elle l’avait jeté. Comme un mouchoir en papier après l’avoir utilisé jusqu’à ce qu’il en soit troué.<o:p></o:p>
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Il s’était investi. Pour ELLE, il avait été jusqu’à se renier. Renier ses amis, renier ses opinions, renier ses habitudes de vie. Il s’était métamorphosé en une sorte d’homme assoiffé de sexe et d’expériences, plus glauques les unes que les autres.<o:p></o:p>
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Maintenant il le savait. Mais quand elle était là, il n’y avait qu’ELLE qui comptait.<o:p></o:p>
L’avait-elle jamais aimé ? Il en doutait. Elle s’était servie de lui, elle l’avait utilisé. Elle avait dévoré son énergie, elle avait bu son élixir de vie. Comme une mante religieuse. Qui dévore son mâle après en avoir fait ce qu’elle voulait.<o:p></o:p>
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Après elle, plus rien n’avait été pareil.<o:p></o:p>
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Attention. Il y a une pierre là. Faire un écart de deux pas sur la droite. Avancer de trois, puis revenir sur le sentier en faisant deux pas sur la gauche.<o:p></o:p>
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Plus rien n’avait été pareil. Il avait cru pouvoir tirer une leçon de cette histoire. Mais même pas.<o:p></o:p>
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Plus tard, bien plus tard, il avait rencontré trois femmes. Trois créatures superbes. Qu’il avait prévenues. Il ne voulait pas d’histoire sérieuse. Pas de relation stable. Surtout ne plus s’investir. Plus jamais. Plus de sentiments. Cela faisait trop mal. Elles étaient prévenues.<o:p></o:p>
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Il marchait le long de cette falaise escarpée. Sachant qu’au bout du chemin il ne trouverait que le vide.<o:p></o:p>
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Il les avait utilisées. Toutes les trois. Il s’en rendait compte maintenant. Il les avait amenées ici. L’une après l’autre. Il se sentait bien sur le petit banc qui faisait face à la mer. Tout au bout du chemin. C’était un endroit follement romantique. Il croyait alors que ce qu’il faisait était la bonne solution. Ne pas s’impliquer. Et prévenir. C’était la moindre des choses. Qu’elles ne se fassent pas d’illusions ni de fausses idées. Ainsi, elles ne souffriraient pas quand il les jetterait.<o:p></o:p>
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Mais les sentiments là-dedans ? Où étaient ils ? Qu’en avait-il fait ? Pourquoi ne pouvait-il plus aimer ? Tous les sentiments sincères passaient au travers de son cœur déchiré. Froid. Dur comme une pierre. Il referma son manteau. Le froid de cette soirée triste passait au travers, lui aussi.<o:p></o:p>
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Attention, là, encore une pierre. Deux à droite. Trois devant. Deux à gauche. Il était à nouveau sur le chemin. Sur le bon chemin cette fois ci. Il le savait.<o:p></o:p>
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Il les avait averties. Elles étaient sensées accepter le marché. Pas de sentiments. Mais finalement, il s’était aperçu qu’il retombait dans la même spirale qu’avec elle. Du libertinage. Il faisait ce qu’elle lui avait fait. Il trompait, il utilisait, et il jetait. Mais il n’aimait pas. Ce n’était pas la même forme de libertinage, moins… sexuelle dira-ton. Mais c’en était quand même. Il se donnait bonne conscience parce qu’il les avait prévenues. Mais il leur faisait la même chose !!!
Ce n'est qu'un extrait !
Elle sera bientôt publiée chez www.manuscrit.com, je ne la mets pas entière.